LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

Trésors d'archives n°28

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   Rarement la mort d’un mobilisé ne dépasse la simple mention dans le JMO. Le plus souvent sous la forme d’une date, elle est parfois nominative mais aussi régulièrement passée sous silence dans cette source. Tel n’est pas le cas pour le soldat Hamiez du 233e RI.


  • Une fiche matricule particulièrement peu loquace


   S’il est mobilisé au dépôt du 33e RI, le réserviste Ferdinand Hamiez est envoyé au front au 233e RI. Sa classe 1904 explique sûrement cet envoi dans le régiment de réserve, les réservistes les plus jeunes servant à compléter les rangs du régiment d’active.


   Sa fiche matricule nous apprend juste qu’il est tué le 20 décembre 1914 à Cormontreuil dans la Marne. Elle n’indique même pas qu’il est alors au 233e RI. Pour une fois, c’est le JMO qui est la source d’information la plus complète sur les circonstances de sa mort.


  • Éloge de Ferdinand Hamiez dans le JMO


« Vers 15h l’ennemi ayant dirigé un tir systématique sur les tirailleurs qui guettaient dans la tranchée de tir, le soldat 1ère classe Hamiez Ferdinand, de la 19e Cie (Capitaine Arnould), qui était excellent tireur, avait été posté par son Chef de section, le sous-lieutenant Bagnères qui observait l’ennemi à la jumelle et lui indiquait l’abri ennemi d’où partaient les coups de feu.

Deux autres excellents tireurs, le sergent Poquet et le caporal Stcen, avaient réussi à repérer les tireurs ennemis et à arrêter leur tir. Toutefois, il restait encore un tireur ennemi dont le tir coup par coup gênait l’observation des guetteurs dans le thalweg qui sépare le 233e du 327e. Le soldat Hamiez enleva son képi et se posta l’arme en joue, prêt à faire feu dès que le tireur ennemi serait signalé. Plusieurs balles ricochèrent à droite et à gauche, puis, soudain, le sous-lieutenant Bagnères vit le soldat Hamiez s’affaisser dans une mare de sang. Il avait reçu en plein front une balle retournée ou explosive qui avait fait éclater complètement la boite crânienne. La mort fut foudroyante.

Parti d’Arras le 10 août le soldat Hamiez Ferdinand avait fait toute la campagne sans la moindre défaillance. Excellent tireur, très brave, demandant à faire partie de toutes les patrouilles destinées à harceler l’ennemi la nuit, le soldat 1ère classe Hamiez était un exemple précieux de hardiesse, de dévouement et d’endurance pour son escouade pour sa section et pour la Cie. C’est un brave qui disparaît, mais en tombant face à l’ennemi le soldat Hamiez est encore pour ses camarades un exemple : il est mort au champ d’honneur.

Il a été cité à l’Ordre Général n° 87 de la Ve Armée, en date du 8 janvier 1915 avec le motif suivant : « A toujours donné l’exemple de la bravoure et de l’entrain ; tombé glorieusement frappé à la place dangereuse qu’il avait demandé lui-même à occuper ».


La fiche matricule ne dit rien de la citation obtenue.


  • En guise de conclusion


   Si les informations inscrites dans la fiche matricule obéissent à des normes, on peut se demander ce qui a poussé l’officier rédacteur du JMO à narrer le parcours et les détails des circonstances de la mort d’Hamiez alors qu’il ne l’a fait pour personne d’autre, hommes de troupe comme officiers.


  • Source


SHD GR 26 N 723/10 : JMO du 233e RI

https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e00527902e985331/527902ea580c3


AD62 1 R 7130, vue 578. Fiche matricule d’HAMIEZ Ferdinand Jules Fernand, classe 1904, matricule 804 au bureau de recrutement d’Arras.

http://archivesenligne.pasdecalais.fr/v2/ark:/64297/150ae25ac709e18a018c1b2d2c9df343


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Mise en ligne de la page : 27 août 2022.